Souffel, du travail de Pro B !

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Le 27/05/2013 par l'Alsace Stéphane Godin

Hôte en 2012, puis 2013 du Final Four de NM1, le BCS, éliminé l’an passé en demi-finale par l’ADA Blois, a pris sa revanche sur les Blésois hier en finale à la Rotonde à Cronenbourg (87-81 ap). Il a ainsi décroché une accession en Pro B inédite et d’autant plus extraordinaire qu’il émargeait en NM2 il y a seulement trois ans.

Les larmes roulent doucement sur les joues de Stéphane Eberlin. Le coach souffelois ne cherche pas à les retenir. Il y a quelques minutes, au bout d’un match et d’une prolongation dantesques face à l’ADA Blois, leur tombeur en demi-finale l’an passé (64-77), ses hommes ont réussi « l’inconcevable », comme il le dit lui-même : composter leur billet pour la Pro B en terrassant les Blésois en finale d’un Final Four qu’ils accueillaient pour la 2e année consécutive (87-81 ap).
Alors, oui, les larmes roulent doucement sur ses joues. Des larmes de joie et d’émotion mêlées : « J’ai une grosse pensée pour mon papa qui est parti à 56 ans. De là-haut, il doit être très fier. C’est une récompense pour ma femme et ma mère, parce que je ne suis pas souvent à la maison. J’adresse aussi un grand merci à la famille Mittelhaeuser (Gilbert, le père, président, et Eric, le fils, président délégué) dont le travail bénévole a permis de mener le BCS où il est et aux joueurs qui ont réussi un truc énorme. Daniel (Pereira, son assistant) et moi sommes récompensés de tout le travail accompli. »
À quelques mètres de là, ses protégés, rejoints par leur ex et futur coéquipier Jessie Begarin (qui a resigné après avoir quitté Souffel en 2012 pour Hyères-Toulon), entonnent un « On est en Pro B, on est en Pro B » applaudi à tout rompre par un gymnase de La Rotonde qui ne se vide pas de ses quelque 2000 spectateurs. Mais comme le meneur mulhousien Jérémy Tschamber, au club depuis cinq ans et l’un des trois, avec Frédéric Broliron et Tony Traineau (qui devrait rejoindre le WOSB), à avoir vécu l’aventure depuis la NM2, ils peinent à réaliser la portée de leur historique exploit. « Cette victoire est l’aboutissement d’une superbe saison (2e de la phase régulière, comme en 2012) , mais on ne se rend pas compte que nous sommes en Pro B » , lâche le Haut-Rhinois qui, à 28 ans, retrouvera l’antichambre du basket hexagonal huit saisons après son départ de Mulhouse.
« Une histoire, une âme, une famille »
Cette montée, les Souffelois sont allés la chercher au courage face à des Blésois qui échouent pour la 2e fois de rang en finale. En 2012, les hommes de l’Alsacien Hugues Occansey avaient rendu les armes contre Charleville (75-63). Cette fois, ils ont entrevu d’encore plus près une Pro B qui était leur objectif et s’est de nouveau dérobée à eux.
Certes, les Bas-Rhinois, emmenés par un Abdou Ndiaye élu MVP du match (24 points, 4 rebonds, 6 fautes provoquées), menèrent le plus souvent le bal, alors que les Loir-et-Chériens avaient pris le meilleur départ (2-5, 3e ). Plusieurs fois, ils creusèrent un écart sinon décisif, du moins significatif : 11-5 après un 9-0, 6e , 30-21 après un 6-0, 13e , et même 48-38 après un 11-0 à cheval sur les 2e et 3e quarts, 22e. Mais ce bonus maximal de dix longueurs fut aussitôt réduit à néant par le 10-0 d’une ADA portée à bout de bras par la patte du Finlandais Ville Kaunisto (31 pts, dont 6/11 à 3 pts, 9 rebonds, 4 passes, 8 fautes provoquées et 34 d’évaluation).
L’infernal chassé-croisé (19 changements de leader) ne cessa jamais ou presque. La 40e minute accoucha d’un suspense insoutenable. À 7’’8 du gong, alors que Souffel menait 76-75, le pivot Jonathan Tornato ne convertit qu’un seul de ses deux lancers. L’ADA venait de laisser passer sa chance, car dans la prolongation, le BCS reprit la main pour ne plus la lâcher (87-81 ap).
Pour le club bas-rhinois, qui espère élire domicile à temps plein en Pro B dans une Rotonde en fusion hier, le plus dur commence sans doute. Stéphane Eberlin le sait : « Chez nous, il y a une vraie histoire, une vraie âme, une vraie famille. Avec nos moyens limités (2e plus petit budget de NM1) , on a prouvé qu’on pouvait faire des choses. Il faut maintenant que les collectivités et les sponsors adhèrent à notre projet. Mais je ne vois pas comment on peut ne pas y adhérer quand on voit le bonheur qu’on procure aux gens. »
À l’énoncé de ces mots, le sien coulait encore sur ses joues. Quelques instants plus tard, ses joueurs prirent un malin plaisir à le diluer sous une douche d’eau et de Champagne.
SURFER Voir le diaporama de la victoire de Souffelweyersheim sur notre site internet lalsace.fr.

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