La parole qui libère

2019-03-23 - BCS - Charité-4700

Le 15/04/2019 par DNA

Handicapé par une douleur au genou et affecté par des problèmes personnels, Frank Tchoubaye s’est transcendé pour réaliser l’une de ses meilleures prestations de la saison et arracher un succès qui permet au BCS de conforter sa place de leader.

Le sourire est revenu. Peut-être pas encore très large, mais bien là. Après la prestation qu’il avait réalisée face à Rueil – 18 points, 8 rebonds et 18 d’éval – Frank Tchoubaye pouvait se permettre de se laisser aller. Un peu au moins.

Samedi soir, face à d’accrocheurs Franciliens, l’ailier de Souffelweyersheim n’a pas ménagé ses efforts, durant toute la rencontre. Relançant ses coéquipiers qui venaient de subir un 9-0 en début du 3e quart. Faisant basculer le score à l’avantage du BCS d’un primé (56-53, 27e ’), s’emparant d’un important rebond défensif quelques secondes plus tard. Scorant huit points dans l’avant-dernière période. « On a eu un Frank Tchoubaye qui a fait un gros match, apprécie Stéphane Eberlin. Dans la difficulté depuis quatre rencontres, il a sorti un gros match, dans la lignée de sa très bonne semaine d’entraînement. Ce soir ( lire samedi ), on a eu un très bon Frank ! »

Bien en deçà de son rendement habituel ses derniers temps, le numéro 1 du BCS composait avec la douleur. « Depuis le début de la deuxième phase, je suis gêné par mon genou. Le fait de m’arrêter et de ne pas m’entraîner avec les autres m’a fait perdre en rythme ( il a bénéficié d’entraînements aménagés, ndlr ). Finalement, j’ai décidé de serrer les dents et de m’entraîner normalement, lâche-t-il. Et j’ai enfin retrouvé du rythme, grâce à mes coéquipiers et au staff qui m’ont beaucoup encouragé et ont toujours été derrière moi. Ils m’ont permis de faire un gros match. »

« C’est ma troisième année en France, je ne me suis jamais senti aussi bien dans un club »

Cette prestation arrive aussi comme l’aboutissement d’une semaine particulière. À la douleur physique s’est en effet ajoutée la peine de soucis personnels. Lundi dernier, Tchoubaye a pris le temps de s’ouvrir à Stéphane Eberlin, au staff du BCS et à ses coéquipiers. « On a discuté avec lui, il a évoqué des soucis extra-sportifs, confirme le coach alsacien. Il a parlé avec les autres joueurs. Ça lui a fait du bien. »

« Hormis ma douleur au genou j’avais aussi des problèmes personnels. Cela faisait quelque temps que je ne pouvais pas aider mon équipe comme je le voulais. Je pense qu’au Havre, si j’avais été plus présent, on aurait pu gagner le match, regrette Tchoubaye. Parler m’a libéré. C’est bien ici. Il n’y a pas d’ego, tout le monde fait confiance à tout le monde. Même si depuis le début de la deuxième phase je n’étais pas bon, mes coéquipiers ont continué à me faire confiance et j’ai répondu présent ce soir ( lire samedi soir ). »

Et l’international camerounais de poursuivre : « C’est ma troisième année en France, je ne me suis jamais senti aussi bien dans un club. Depuis le début de la saison, je n’ai pas vu un coéquipier se prendre la tête avec un autre. Ici, on forme une vraie famille. Stéphane est quelqu’un de très humain, Daniel ( Pereira, le coach adjoint du BCS, ndlr ) me parle beaucoup aussi. Et quand quelqu’un ne va pas bien, on se parle, on s’encourage, on ne se crie pas dessus. C’est aussi, je pense, ce qui fait notre force. »

Délesté d’une partie du poids de sa peine, Frank Tchoubaye renaît à nouveau à l’ambition. « C’est l’un de mes meilleurs matches, mais je pense que je peux faire mieux. Il faut que je me lâche encore plus. Ce soir ( lire samedi soir ) j’ai encore un peu douté, hésité. Je pense que je peux faire mieux. »

Et pour lui comme pour le BCS, toujours leader de la poule d’accession à la fin du cycle aller, il semble que le meilleur reste à venir.

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